Comment j’ai vécu et appris à gérer mes crises d’angoisse ? (témoignage)

Comment j’ai vécu et appris à gérer mes crises d’angoisse ? (témoignage)

gérer crises d'angoisse

Bonjour, je m’appelle Aurélie j’ai 26 ans et je vis dans le Finistère en Bretagne. Je fais des crises d’angoisse depuis juin 2010. Elles ont débarqués dans ma vie comme un cheveu sur la soupe…

À cette époque je travaillais en tant qu’Aide Soignante dans un EHPAD, je côtoyais la mort régulièrement et réalisait également de nombreuses toilettes mortuaires et soins de conservation. À cette même période j’ai perdu mon meilleur ami et de nombreuses personnes de ma famille et mon entourage proche.

Je ne pensais pas être plus touchée que cela, même si bien évidemment la tristesse était là.

 

Comment ça a commencé ?


La veille de l’arrivée de mes angoisses je travaillais. Le soir je suis rentrée chez moi extrêmement épuisée mais j’ai pas prêtée plus attention à ça, je me suis couchée pensant qu’après une bonne nuit ça irait mieux… mais non !
Je me suis réveillée tout aussi épuisée. J’ai commencé à me préparer pour aller travailler et sur la route j’ai eu un blocage.

J’ai commencé à verser toutes les larmes de mon corps, à trembler de la tête aux pieds, les mains très humides, de grosses difficultés respiratoires s’en est suivi un malaise. À mon “réveil”ma mère avait fait demi tour, j’étais dans la voiture devant chez moi. Je suis aller dormir, j’ai fais un K.O de 12 heures si ce n’est plus.

Le lendemain j’ai consulté mon médecin qui m a prescrit une prise de sang, qui s’est avérée bonne.
J’ai fais une grosse batterie d’examens médicaux. (j’avais eu une semaine d’arrêt de travail)

Le jour de mon retour au travail, je n’avais plus aucune envie, aucun goût à faire quoi que ce soit… Je me suis enfoui dans mon lit et donc de ce jour j’ai perdu mon emploi.

 

Comment tu l’as vécu ?

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Cette horreur était installée ! Durant 6 longs mois je n’ai pas quitté mon domicile. 
Je vivais dans ma chambre, je ne voyais plus personne, hormis ma mère, mon père et une de mes mamies.

Ma mère et ma mamie comprenait très bien que ce qui se passait n’était pas normal et me soutenait du mieux possible. Même si je sais qu’un immense sentiment d’impuissance les envahissait…

Mon père quant à lui avait beaucoup plus de mal à comprendre la chose, pendant bien longtemps il a crû que je faisais “semblant”. C’est très difficile de voir son propre père imaginer que l’on fait “exprès” de faire une rupture dans notre vie…

Je sortais de mon lit, de ma “chambre noire” : je ne voyais absolument pas la lumière extérieure. Les volets étaient toujours fermés pour le strict minimum (douche, toilette ).

Ma mère envoyait mon repas dans ma chambre sinon je ne mangeais pas. Je ne partageais plus aucun moment avec ma famille.

Je me suis coupée de tout le monde extérieur. Pas de TV, Pas de téléphone, pas de PC. Les amis qui venaient me voir ne faisaient qu’essayer car je fermais ma porte à clé. J’ai d’ailleurs quitté mon petit ami de l’époque à travers une porte…

J’avais peur d’être seule dans la maison et à la fois pas envie de voir d’autres personnes.

Durant ces 6 longs mois la seule et unique question que je me suis posée à été: “Pourquoi il m’arrive ça ?”.

Mon médecin traitant venait régulièrement me voir à domicile mais n’était pas suffisamment compétente ou bien plutôt ce n’était pas de l’ordre d’un médecin généraliste ce qu’il m’arrivait.

 

Qu’est-ce que tu as essayé pour y remédier ?


En décembre, j’ai été envoyé de force voir un psychiatre en clinique, ça à été un moment terrible !

Sans m’avoir prévenue de quoi que ce soit j’étais mise de force dans la voiture par ma mère et ma mamie.
J’ai vécu un moment horrible puis heureux ce jour là.  Je peux en ressentir encore les sensations…

Je pleurais, je criais, je voulais même ouvrir la porte de la voiture alors qu’on était sur la voie rapide.
On m’arrachait de mon cocon !

Je suis arrivée malgré moi à la consultation avec le psychiatre, j’étais exténuée… Mais tout bien réfléchi je me suis rendue compte que j’avais redécouvert la VIE ! Le monde avait tellement changé en 6 mois.

La consultation ne s’est pas déroulée spécialement bien, le psychiatre avait qu’une envie c’était de me blinder de médicaments (anti dépresseurs et anxiolytiques…). Je savais bien que ça ne réglerait pas mes problèmes de les endormir avec des médicaments lourds. J’ai rapidement quitté son bureau, non pas par rapport à l’angoisse mais parce que ce psychiatre ne m’inspirait pas.

 

Quel a été le déclic ?

 

A la sortie de ce rendez-vous j’ai voulu contre toutes attente, aller dans un magasin. Et j’y suis arrivée !

En rentrant chez moi, j’observais tout comme un enfant qui découvre la vie… Chaque détail me tapait à l’œil, c’est fou comme en 6 mois tout était différent.

Je me prenais de passion pour une nouvelle voiture, un nouveau magasin, une nouvelle peinture sur un abri bus… tout devenait extrêmement intéressant à mes yeux.

Arrivée chez moi je me suis sentie très fatiguée mais bien ; chose qui ne m’était pas arrivée depuis longtemps…

Petit à petit réussi à ressortir ( petits magasins, balade très restreinte par peur d’angoisser en cas d’éloignement… ). Enfin il y avait un peu de positif ! Et puis ensuite j’ai décidé de consulter un psychiatre… il m’a été d’un immense soutien !

Avec lui j’ai eu un traitement très léger qui ne m’a pas gêné ; je n’avais pas d’effets secondaire.
J’ai réussi à retrouver une vie plus ou moins normale juste avec un souci d’éloignement de mon cocon. Et il fallait que je sois jamais seule même chez moi.

J’ai ensuite rencontré mon conjoint actuel en juillet 2012. Il m a toujours soutenue et surtout comprise, ce qui est très compliqué quand on fait des crises d’angoisses.

Quelques mois plus tard j’ai appris que j’étais enceinte, j’ai alors voulu stopper le traitement même si il était léger. Je ne voulais pas que mon bébé se développe avec cette substance nocive que je prenais même a faible dose.

J’en ai parlé à mon psychiatre qui ma alors proposé une thérapie d’autohypnose.
J’ai acquis totalement cette médecine douce au bout d’un an de thérapie à raison d’un rendez vous par semaine. 
Au bout de 4 mois je ne prenais plus aucun médicament.

Depuis la naissance de ma fille tout va pour le mieux, mis à part l’éloignement (+ de 100km en moyenne de chez moi).

 

Comment ça va aujourd’hui ?

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Je crois que pour moi la roue à littéralement tournée depuis le 21 septembre de cette année, j’ai obtenu mon permis et depuis je me déplace sans souci. Seule. Et même plus loin que mon ancien périmètre.
Je n’ai pas fait de crise d’angoisse depuis un bon moment. Et je suis ravie d’avoir réussie à m’en sortir quasi seule et sans traitement lourd.

 

Si tu avais un conseil à donner à tous ceux qui vivent la même chose que tu as vécu ?


Si je devais donner un conseil à toutes les personnes qui traversent ce passage indescriptible tant que l’on ne l’a pas vécu. Je leur dirai que jamais il ne faut baisser les bras.

Toujours croire en soi et même malgré la difficulté.

La roue tourne toujours ! Soyez forts, soyez vous même et surtout ne vous enfermez pas dans cette malheureuse spirale qui pourrait vite nous piéger. On s’en sortira tous un jour ou l’autre !

 

Ce témoignage a été rédigé par Aurélie et retranscrit par Jocelyn Le Guen.       

 

 

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