Comment je suis sorti de ma phobie sociale et de ma relation toxique ?

 

Comment je suis sorti de ma phobie sociale et de ma relation toxique ?

sortir d'une relation toxique

Je m’appelle Anna, j’ai 32 ans et je suis femme au foyer et mère d’une enfant de 4 ans.

 

Comment ça a commencé ?

 

Je suis phobique sociale depuis mes 13 ans. J’ai commencé me sentir mal en présence d’autres personnes au collègue, en 5ème. J’étais d’un naturel timide et réservée, j’allais peu vers les autres, j’avais peu d’amies… J’aimais me réfugier dans les livres, j’avais de bons résultats à l’école, mes parents ne se doutaient de rien pour mon mal-être.

Un jour j’ai commencé à avoir une boule au ventre en allant à l’école. Je croyais que ça allait passer au début, j’ai continué à faire ma journée comme d’habitude, mais j’ai commencé à étouffer en plein milieu du cours de mathématique. Etant timide je n’ai rien dit, et plus je ne disais rien et plus je me sentais de plus en plus mal. Heureusement, la prof m’a vu durant nos exercices et m’a dit que je pouvais aller à l’infirmerie. Moi je voulais tout simplement rentrer chez moi, ce qui a été le cas.

Mes parents se sont dit que j’étais peut-être malade, que j’avais une gastro. Je faisais alors semblant d’aller encore mal à la maison pour ne pas passer pour une sécheuse de cours alors que je me sentais beaucoup mieux. Le week-end est passé et le lundi en revenant à l’école, même histoire…

 

Comment je gérais ma phobie sociale ?

 

Le médecin ne savait pas ce que j’avais, et la phobie scolaire à l’époque n’était pas aussi connue qu’aujourd’hui, surtout en petit village de campagne (j’habitais dans le Morbihan en Bretagne). Tout ce que je savais, c’est que quand je me retrouvais avec du monde autour de moi, je ne me sentais pas bien : j’avais boule au ventre, une sensation d’oppression, c’était désagréable, comme si j’étais épié ou jugé à chacun de mes plus petits mouvements… C’était même difficile avec mes parents lors des repas de famille, j’aimais prendre mon assiette et m’isoler dans ma chambre où je me sentais “dans mon cocon”. Ils ne comprenaient pas au début, et comme tout parent qui s’inquiètent, ils ont voulu me forcer à sortir pour ne pas perdre l’habitude et ne pas me couper du monde… Mais plus ils essayaient, plus c’était pire…

Je revenais de temps en temps à l’école mais par demi-journée, puis de moins en moins. C’est encore plus compliqué quand les gens vous jugent vraiment en connaissant votre problème. J’avais des commentaires comme : “C’est du cinéma”, “T’exagères pas un petit peu ?”, “Peut-être qu’en faisant un effort tu…” et blabla… Personne ne ressentais ce que je vivais, je m’isolais de plus en plus.

J’ai fini par faire l’école à distance mais je ne suis pas allé au brevet.

 

Mes seules fréquentations :

 

Je ne me sentais bien qu’avec une amie et UN ami, qui lui aussi avait des problèmes. Pas de phobie scolaire mais d’impulsivité. Il était plus vieux que moi (2 ans de plus), il fumait, séchait les cours avec ses potes et ne vivait plus chez ses parents, avec qui ça finissait toujours en dispute (père absent et mère alcoolique). C’était le seul “mec cool” qui venait me parler en 6ème, et avec qui je ne me sentais pas seule à être différente je suppose… Il avait gardé contact avec moi en passant avec mon amie pour m’apporter mes devoirs.

À 18 ans, j’ai fugué avec lui. Ça n’allait plus depuis le brevet avec mes parents, ils avaient peur pour mon avenir et je n’en pouvais plus de cette atmosphère oppressante à la maison, je ne considérais plus que c’était chez moi… Avec lui, j’avais l’impression de contrôler un peu plus ma vie. Et vous savez ce que c’est le premier amour… tout est beau… trop beau ! Mais ce fut de courte durée.

 

Années de concubinage toxique :

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On a vécu dans un petit logement en zone pavillonnaire. Comme je ne pouvais pas travailler avec ma phobie, c’est lui qui travaillait, mais il était plus souvent sans emploi et on vivait avec ce qu’on pouvait. Mais très rapidement, il est devenu de plus en plus agressif, envers tout et tout le monde, y compris moi… Je supportais tout, ses sauts d’humeur, sa jalousie, ses soirées alcoolisées, il fumait des douilles et avait des problèmes de santé… J’avais même perdu contact avec mon amie d’avant puisqu’il ne voulait que je parle à personne… Je finissais par tout payer pour lui.

Mais malgré tout, il commençait à être violent avec moi, à me rabaisser. Je supportais cette situation parce que je savais que j’avais du mal à contrôler ma vie à l’extérieur. À l’époque, il était le seul à me connaître autant et à être avec moi. J’étais très attachée à lui et même trop. J’avais peur du monde et des autres, et j’avais peur de me retrouver toute seule. Je crois qu’il le savait et qu’il en abusait…

 

Quel a été le déclic ?

 

Puis un soir pendant une violente dispute, il m’a frappé, je suis tombé et me suis cognée sur un meuble, ce qui m’a assommé. Je me suis relevé quelques minutes après. Il s’est excusé ne répétant qu’il regrettait, sauf que ce n’était pas la première fois qu’il me tapait et qu’il devenait tout gentil juste après… Surtout que cette fois-ci j’avais perdu connaissance… Ça a été le déclic pour moi. Après 4 ans ensemble, j’avais aussi peur d’être avec lui qu’avec n’importe qui d’autre… Le monde extérieur ne me tuait pas mais lui le pouvait.

Je suis parti 2 jours après. J’ai profité qu’il sorte en soirée chez un de ses amis pour faire mes valises et m’en aller.

 

Retour chez les parents :

 

Je suis donc parti et je suis revenu chez mes parents, à qui je n’avais donné des nouvelles que pour les anniversaires, les noëls et pour les problèmes d’argent… Contrairement à ce que je pensais, ils sont été émue de mon retour et se sont rendu compte que ça n’avait pas été facile : j’avais un bleu sur le visage depuis la veille… J’ai finalement réussi à leur raconter ce que je ressentais et ce que j’avais vécu. J’ai eu la chance qu’ils me soutiennent par la suite.

Mon ex me harcelait d’appels. J’ai répondu dans les premiers temps, il était gentil au début puis s’énervait rapidement par la suite quand je disais que je resterai chez mes parents… un jour, il est revenu à l’improviste chez moi en attendant que je sois seul à la maison. Il a essayé de rentrer carrément ! J’ai appelé mon père qui a répondu et qui a appelé la police. J’avais l’impression d’être dans un film : mon ex était fou et tournait autour de la maison pour voir comment il pourrait rentrer. Les policiers sont arrivés, il s’est énervé contre eux, il a été embarqué et il n’est plus jamais revenu. Mes parents ont porté plainte et moi aussi, ça l’a refroidit. Il a continué à me harceler un peu par téléphone puis de moins en moins, je ne répondais plus. Bref… C’est de l’histoire ancienne.

 

Comment je me suis débarrassé de ma phobie sociale ?

 

Après ça, je me suis dis que je ne pouvais pas rester comme ça, séparée du monde et à me protéger en m’enfermant avec des hommes instables, parce que c’était encore plus dangereux pour moi… J’ai alors vu un psychiatre qui m’a interné à l’hôpital de jour. On me donnait des médicaments, j’étais shootée H24 ! Une fois sortie après quelques semaines, j’avais toujours mes angoisses, même si j’avais un traitement.

Je décida d’aller voir un hypnothérapeute-PNL (recommandé par un ami de mes parents) pour savoir d’où ce malaise avec les autres venait. J’ai fait 6 séances avec lui. Au début j’ai appris à calmer mes montées d’angoisses moi-même, puis j’ai commencé à avoir plus confiance en moi et à me sentir de mieux en mieux avec les autres.

Ça s’est fait sur 4 mois. Ça n’a pas été facile, sachant qu’aux 2 premières séances j’ai failli laisser tomber vu que c’était intense. Mais si ça avait été facile, ça n’aurait peut-être pas été aussi efficace… C’est ce qui m’a permis de faire une formation d’aide à la personne, puis de rencontrer des personnes, dont mon chéri avec qui j’ai une enfant maintenant.

 

Si j’avais un message à faire passer aux phobiques et angoissés :

 

Si j’avais une chose à dire à toutes les personnes qui ont vécu la même chose que moi, ce serait de ne pas vous enfermer avec quelqu’un d’autre contre le monde. La phobie sociale vous coupe de tout et on croit rapidement que les gens sont limite négatifs pour nous. Alors que c’est le contraire si on se lance à faire ce qu’on veut ! Pensez à vous d’abord, à faire ce qu’il faut pour vous sentir mieux et après vous rencontrerez des personnes qui vous feront sentir bien. C’est ce que j’ai vécu.

 

Ce témoignage a été rédigé par Anna et retranscrit par Jocelyn Le Guen.       

 

Comment gérer la phobie sociale en respirant ? (4 exercices)

 

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