Comment je gère l’enfer de mes crises d’angoisse ? (témoignage)

 

Comment je gère l’enfer de mes crises d’angoisse ? (témoignage)

témoignages crises d'angoisse

Je m’appelle Émilie, j’ai 22 ans et je fais des crises d’angoisse depuis mes 16 ans. J’écris ce témoignage pour vider mon sac parce que je sais que ça va me faire du bien et que ça en aidera peut-être d’autres.

 

Comment ça a commencé ?

 

Mes crises d’angoisse ont commencé tout bêtement dans la fil d’attente d’un hall de cinéma. On était nombreux pour la l’avant-première d’un film : Gravity. Je n’étais pas très partante pour aller le voir, mais mon copain insistait et pensait que ça pourrait m’aider à gérer ma peur du vide. En plus, il était en 3D… Autant vous dire que j’aurai vraiment pu m’en passer.

On venait d’avoir donné nos tickets. Je ne me sentais déjà pas très bien dans la foule, c’était oppressant et bruyant. Puis avant de rentrer dans la salle, j’ai hésité : j’ai senti mon cœur s’emballer et j’ai eu une sensation d’étouffer rapidement. Mon copain m’a demandé si ça allait, j’ai dit “oui” mais il m’a dit que j’étais blanche. Il est allé avec moi au toilette et on y est resté pendant une heure.

J’avais beaucoup de mal à me calmer, j’étais étourdie, je respirais mal, c’était l’enfer… Je me sentais mal d’avoir payé une place pour ne même pas voir le film et avoir gâché la soirée de mon copain, mais je ne pouvais pas faire autrement.

 

Comment ma vie a-t-elle changé ?

 

Ce n’était pas tous les jours, mais surtout à l’approche des événements en groupe ou importants : genre examens, sorties organisées par l’école, repas de famille, mariages… Je ne me sentais pas bien, les mêmes sensations.

2 semaines plus tard, ma famille et moi étions invités au mariage d’une de mes cousines. Je n’ai jamais aussi honte de ma vie. Je ne savais pas dire “non” à l’époque et croyais que mes angoisses étaient un truc pas important. J’ai fais une crise juste avant de rentrer dans la mairie. Je ne vous raconte pas comment mes parents et leurs amis m’ont regardé. Tous leurs regards était sur moi, en train de suffoquer, à essayer de faire comme si tout allait bien alors que ça se voyait que non. Je me suis échappé des gens pour aller plus loin et j’ai fini par reprendre mon souffle en pleurant. Bref…

On a du me ramener chez moi. C’est là que je me suis dis qu’il y avait quelque chose de pas normal. J’ai été voir un médecin qui m’a “soupçonné” des crises d’angoisse. Il m’a donc redirigé sur un psychiatre qui n’a pas dramatisé mais m’a donné des anxiolytiques pour m’aider à me calmer.

Un mois plus tard, je passais des examens au lycée. J’avais pris le double de la dose de mon traitement. Je planais. Inutile de vous dire que j’ai raté mes examens le matin et que je n’y suis pas allé l’après-midi… Un premier trimestre de raté.

Je suis retourné au lycée. J’arrivais à suivre les cours comme tout le monde, du temps qu’il n’y avait pas de situation stressante. Par contre, faire un exposé devant la classe m’était impossible. Je m’arrangeais à chaque fois pour que mes amies le fasse à ma place. En contre-partie, c’est moi qui faisait presque tout le travail…

Ça m’était de plus en plus difficile d’aller à des événements comme des grands rassemblements ou concerts. Mon copain et mes amis y allaient donc seuls. Je n’aimais vraiment pas être dans la foule. Je n’étais pas totalement coupé de ma vie sociale, mais un petit peu quand même.

Pour les examens, j’avais des justificatifs comme quoi il était mieux pour moi de les passer à distance. Mais j’ai quand même redoublé ma seconde. Mes amies étaient passé en première, je me suis senti seule. J’ai eu de plus en plus de mal avec les cours, j’avais toujours mon traitement.

 

Quel a été le déclic ?

 

Un jour, mon copain et moi avons arrêté de sortir ensemble. C’était un soir au téléphone. J’ai fait une crise d’angoisse toute seule dans ma chambre et même si j’ai réussi à me calmer j’ai eu du mal. Le début de ma deuxième année de seconde commençait mal et me faisait désespérer… ça commençait à devenir gênant sur plein de domaines de ma vie.

 

Comment j’ai géré mes crises d’angoisse ?

 

Je voyais mon psychiatre une fois par mois. On a parlé de comment ça avait commencé. Il ma interrogé sur ma peur du vide… J’ai appris que c’était lié à la peur de ne rien contrôler et c’est vrai, j’ai horreur de ne rien pouvoir contrôler dans ma vie. Mais aussi, qu’on me voit ne rien contrôler, comme si j’étais une incapable… C’est pour ça que je supporte mal le regard des autres et ce qu’ils peuvent dire de moi.

J’avais entendu parler des exercices de respiration. Je savais que la Sophrologie pouvait m’aider mais comme ce n’était pas remboursé par la sécu comme le psychiatre, j’ai cherché des techniques sur internet que je pourrai faire gratuitement. J’ai été sur des blogs, j’ai vu des vidéos…

Je les ai fait et ça m’a aidé en plus de mon traitement. Mais ce n’était pas facile au début parce que je ne les faisais pas parfaitement. Je les ai répété à chaque fois que je sentais une angoisse venir. Par exemple, à chaque fois avant d’aller au lycée, je me concentrais sur ma respiration, comme si je rentrais dans mon monde un instant. Là où j’avais le plus de mal, c’est quand je devais recroiser mon copain (ex). Je tournais directement le dos et partait à l’opposé même si ça me faisait un gros détour et que je devais être en retard en cours. Si je ne le faisais pas, je sentais que c’était la crise assurée !

Je suis resté avec mes amies qui ont été compréhensibles, et m’en suis fait de nouvelles aussi. J’ai eu la chance d’être bien entourée et soutenue, après m’être sentie seule pendant quelques mois. J’ai finalement passé mon BAC L à distance, et l’ai eu avec mention.

 

Aujourd’hui :

témoignages crises d'angoisse

Mon copain et moi sommes revenu ensemble après 3 ans de séparation. On s’est retrouvé dans la même Fac, moi je suis en Psychologie, lui en Langues. Il comprend mieux ce que je vis et m’écoute, ça m’aide.

La fac m’impressionnait un peu au début, mais je savais que je pouvais contrôler une petite partie de mes angoisses, donc je l’ai fait. En plus, je sais que ce n’est pas la cata de rater son année une fois. J’ai déjà redoublé et ça s’est finalement moins mal passé que je ne le pensais. En plus, j’aime ce que je fais en Psychologie. Ça m’aide à me comprendre un peu plus et c’est rassurant.

Même si j’ai conscience de m’en être plutôt bien sortie par rapport à certains, j’ai vécu des mois d’enfer à lutter contre mes angoisses tous les jours. Je devais faire taire mes inquiétudes tout en les acceptant, je ne savais jamais quand j’allais tomber en crise et si ça allait être en public ou pas, ni comment j’allais contrôler. J’ai eu plein de situations comme ça… mais je ne peux pas tout raconter en un seul témoignage.

Ça reste toujours un peu dur et j’ai des moments de rechute parfois. Heureusement, j’arrive à gérer la plupart du temps. J’ai accepté que je ne pouvais pas être Wonder Woman.

 

Si j’avais un message à faire passer aux gens comme moi

 

Moi, ce qui m’aide c’est de savoir que je peux contrôler une partie de mon angoisse. Même si ce n’est pas toute, c’est pas grave. Au moins, je sais ce que je peux contrôler et ce que je ne peux pas. Je fais donc attention à ce que je suis capable de faire ou non. J’arrive à éviter les situations que je sens trop forte pour moi, et celle où j’ai envie de mettre. Par exemple, si il y a une conférence que je veux aller l’écouter, je sais que mon envie d’y aller sera plus forte que ma peur. C’est plus facile pour moi de contrôler et de me concentrer sur ma respiration. Mais c’est mon cas. J’espère que vous pourrez faire pareil aussi.

 

Ce témoignage a été rédigé par Émilie et retranscrit par Jocelyn Le Guen.       

 

Comment gérer vos crises d’angoisse en respirant ? (4 exercices)

 

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